
899,99 €. C'est le prix d'une PlayStation 5 Pro. Nue. Sans lecteur de disque, sans socle. Vous voulez lire vos jeux en boîte ? Clipsez le lecteur externe : +119,99 €. On franchit alors les 1 020 €.
La console fermée, ce truc qu'on branchait sous la télé pour 300 balles il y a encore pas si longtemps, est devenue aujourd'hui un produit de luxe. Ce n'est pas un accident : c'est la fin d'un modèle vieux de trente ans. Analyse froide, chiffres en main, de la plus grosse bascule de l'histoire du jeu vidéo.
⏱️ ≈4 300 mots · environ 22 minutes de lecture. Article de fond dans lequel vous allez découvrir, chiffres à l'appui, pourquoi il est possible que la console de salon fermée vive ses dernières années, et pourquoi c'est peut-être Microsoft qui va enfin avoir sa revanche et passer en tête dans la guerre des consoles.
🎯 Au programme :
Pour ce prix-là, vous avez un PC. Et pas un PC « pour jouer » : un PC pour tout. Parce que le vrai basculement dépasse largement le jeu vidéo. Netflix, YouTube, Twitch, TikTok, le web, vos mails, vos docs, vos streams : tout le divertissement et toute la vie numérique migrent vers un écran générique. Plus forcément la télé. Et aujourd'hui, une seule machine encaisse tout ça sans broncher : le PC. Mieux : c'est Windows, en situation de quasi-monopole sur l'OS PC, qui tient cet écran universel dans le creux de la main.
Prenez deux secondes pour mesurer le truc. La console de salon, l'objet le plus démocratique du divertissement depuis trente ans, celui qu'on s'offrait ado en mettant trois mois d'argent de poche de côté, vient de basculer dans le luxe. Et contrairement à ce qu'on aimerait croire, Sony ne fait pas ça par pur cynisme : il n'a tout simplement plus le choix.
Ce qui suit n'est pas un coup de gueule de plus sur « le jeu vidéo qui coûte trop cher ». C'est l'autopsie d'un modèle qui meurt, l'identification de l'assassin, et le nom de celui qui s'apprête à rafler la mise sur le cadavre. Spoiler : c'est le constructeur que tout le monde avait enterré.
Pendant trente ans, une règle d'or a tenu : plus une console vieillissait, moins elle coûtait à produire. À mi-génération, le modèle de base tombait à 300 ou 350 €. C'est comme ça que la PS4 a fini dans tous les salons et que le jeu vidéo s'est démocratisé.
Cette époque est morte. Pas « en difficulté » : morte.
La raison tient en deux mots : mémoire et IA. Le boom mondial des serveurs d'intelligence artificielle siphonne littéralement la production de mémoire (DDR5, GDDR) et de stockage (SSD) : des géants comme OpenAI ont verrouillé, via Samsung et SK hynix, une part énorme de l'approvisionnement mondial en puces mémoire. Résultat : les prix des composants ne baissent plus, ils s'envolent. La gravure des puces fines chez TSMC, à Taïwan, coûte elle aussi plus cher chaque année.
Et ce n'est pas un fantasme de comptoir. Hiroki Totoki, le PDG de Sony, l'a dit noir sur blanc à ses investisseurs : le coût des puces mémoire devrait rester très élevé au moins jusqu'à l'exercice fiscal 2027. Quand le patron de PlayStation prévient lui-même que ça ne va pas s'arranger avant deux ans, on peut ranger l'espoir d'une PS5 à 350 € au musée.
Les chiffres sont tous récents, et tous dans le même sens :
Petit détail qui tue, au passage : à 600 €, la Xbox Series X livre un lecteur de disque ; à 900 €, la PS5 Pro vous le facture en plus. Trois constructeurs, une seule réalité : vendre une machine de salon puissante sous les 500 € est devenu impossible. La console de luxe n'est pas une stratégie maligne. C'est une contrainte subie.
Le plus intéressant, ce n'est pas la hausse. C'est que les joueurs ont commencé à dire non.
Le public « milieu de gamme » (les ados, les familles, les joueurs occasionnels, celui qui faisait les volumes) bloque. Il refuse de payer 700, 800, 900 balles pour une boîte. Et quand un marché de masse refuse de payer, il ne disparaît pas. Il va voir ailleurs. La seule question, c'est : où ?
Mais « ailleurs » n'est pas le même endroit pour tout le monde, et c'est là qu'il faut être précis. Le passionné — celui qui veut du AAA, du compétitif, un gros catalogue — file vers le PC : c'est lui que vise Helix. La masse casual et familiale, celle qui faisait les volumes, ne s'offre pas un PC à 1 000 € pour autant ; elle joue déjà sur le smartphone et la tablette qu'elle a sous la main, et garde une Switch dockée pour le grand écran. Deux publics, deux trajectoires — et c'est le second, le plus nombreux, qui fait plonger les ventes de boîtes. Reste le salon lui-même : pour Netflix, YouTube ou TikTok, inutile d'attendre que le PC le rafle, la smart TV et le téléphone l'ont déjà pris, sans console ni ordinateur.

Avant d'enterrer la console de salon, soyons honnêtes : la Switch cartonne. 19,86 millions de Switch 2 écoulées en dix mois, meilleur démarrage de l'histoire de Nintendo, devant la PS5. Et attention au cliché inverse : ce n'est pas « une simple portable ». La Switch est un hybride, et dans les faits, elle vit autant, voire plus, sous la télé que dans un sac. C'est une vraie console de salon, dans des millions de foyers.
Donc non, elle n'échappe pas au débat : elle joue bien sous le téléviseur, face à la PS5 et au PC. Simplement, elle joue avec d'autres armes. Nintendo réussit le même exploit depuis vingt ans (être n°1 avec les machines les plus faibles du marché) en misant sur la créativité plutôt que sur la fiche technique. Ses points forts sont imprenables : un catalogue famille et tous publics (Mario, Pokémon, Zelda), un vivier indé exceptionnel (Hollow Knight et compagnie), et des AAA maison intouchables.
Et la Switch 2 va plus loin : grâce à sa puce Nvidia et au DLSS, elle fait désormais tourner nativement de gros AAA tiers. Cyberpunk 2077 sur Switch 2, c'est même un portage solide : textures parfois équivalentes à la PS5, résolution qui dépasse par moments la Series S.
Mais c'est là que le plafond crève les yeux. Ce même Cyberpunk tourne à 30 fps, avec une résolution dynamique qui plonge jusqu'à 540p en docké (360p en portable), reflets et netteté en net retrait. Le verdict des testeurs est sans appel : pour qui possède une PS5 ou un PC, la version Switch ne se justifie que par la mobilité. Et c'est là le vrai message : dès qu'on veut du FPS nerveux, un Horizon, un Far Cry, du gros AAA technique poussé à fond (ce qui correspond souvent au goût d'un public plus adulte et exigeant), la Switch n'est pas une console sérieuse. Elle est excellente à ce qu'elle fait. Elle n'est juste pas faite pour ça. Du Cyberpunk à fond sur une puce de portable, ça restera toujours un numéro d'équilibriste.
Et c'est précisément ce qui boucle la démonstration : le triomphe de la Switch ne sauve pas la console de salon, il confirme ce qui la tue. Les joueurs veulent de la valeur, de la flexibilité et une bonne expérience, pas forcément la puissance brute, et surtout pas une boîte fermée à 900 balles. Nintendo l'a compris depuis toujours. Sony, lui, fonce dans le mur.
L'argument « le PC c'est trop cher » était vrai en 2015. En 2026, il s'effondre dès qu'on raisonne sur la durée de vie de la machine (≈ 6 ans) plutôt que sur le seul prix d'achat.
Faisons la simulation (en ordre de grandeur) pour un joueur raisonnable : 2 gros jeux par an, du online avec les potes.
| Sur 6 ans (estimation) | Console (PS6 démat' attendue) | PC équivalent |
|---|---|---|
| Achat de la machine | ~750 € | ~1 000 € |
| Abonnement en ligne | ~480 € (PS Plus, ~80 €/an) | 0 € (gratuit) |
| 12 jeux | ~960 € (≈80 € plein pot sur le store) | ~300 € (≈25 € via les marchés de clés) |
| TOTAL | ~2 190 € | ~1 300 € |
Les montants exacts bougent, mais le sens ne bouge pas : le PC, plus cher de 250 € à l'achat, est rentabilisé dès la première année. Sur la durée, l'écart dépasse 900 €. Pas d'abonnement obligatoire pour jouer en ligne, et des clés à 15-25 € (Instant Gaming, CDKeys) là où le store officiel impose 70-80 €, parce qu'il a précisément tué le marché de l'occasion.
Et oui, on connaît l'objection : « un PC, ça se met à jour, ça coûte plus cher dans le temps ». Sauf qu'une carte graphique milieu de gamme tient six ans en 1080/1440p sans broncher. Et même en rachetant ses jeux d'occasion côté console, l'abonnement obligatoire pour jouer en ligne plombe l'addition à lui seul. Le calcul reste le même.
Pour la génération Discord et free-to-play, rester sur une console fermée à plein tarif n'est plus un choix de cœur. C'est devenu une hérésie financière. Et les gamins font ce calcul sur un coin de table.

Si le PC débarque dans le salon et dans le lit des ados, c'est aussi que son format a changé. Et là, il faut rendre à César : c'est Valve qui a ouvert la boîte de Pandore.
Attention, soyons clairs : le mérite du Steam Deck, ce n'est pas la puissance. Sur la fiche technique, une PS5 l'écrase, et l'OLED 1 To, grimpé autour de 900 balles, est un foutage de gueule si on le juge sur les specs. On n'achète pas un Steam Deck pour la 4K : on l'achète pour le format et l'ouverture. Et c'est là qu'il a tout changé. Il a prouvé qu'on pouvait faire tourner le catalogue PC, correctement, sur une machine nomade, sans subir le racket des stores fermés. Et que la même machine, branchée sur un écran avec un hub à 30 balles, redevient un vrai PC sous Linux pour bosser. La frontière entre « souplesse du PC » et « confort de la console » a sauté. Pas par la force brute : par l'intelligence du concept.
Valve pousse désormais le bouchon jusque sous la télé. La Steam Machine (une console de salon sous SteamOS, annoncée pour l'été 2026) vise la 4K à 60 fps et embarque environ six fois la puissance du Steam Deck, avec Proton pour lancer les jeux Windows sans bidouille. Prix estimé : autour de 700 $ et plus, Valve refusant de vendre à perte. À côté, un nouveau Steam Controller et un casque VR (Steam Frame). Détail qui en dit long sur l'époque : la même pénurie de RAM a forcé Valve à décaler son lancement.
Bref : Valve a montré la voie. Et ça a donné des idées à un prédateur bien plus gros.
En 2025, le hardware Xbox s'effondre. N'importe qui aurait crié au dépôt de bilan. Sauf que Microsoft n'est pas un fabricant de consoles : c'est le roi mondial du logiciel. Et c'est là qu'il faut mesurer l'asymétrie : Microsoft pèse environ 3 000 milliards de dollars de capitalisation, le gaming n'est qu'une ligne parmi d'autres. Il peut éponger des pertes hardware pendant dix ans sans trembler. Sony, lui, a besoin que PlayStation rapporte — c'est l'un des piliers de profit du groupe. Dans une guerre d'usure, Microsoft tient, Sony craque. Ce n'est pas « qui vend le plus de boîtes » qui compte. C'est qui peut se permettre de perdre le plus longtemps.
Voyant la jeunesse fuir vers le PC et les portables façon Steam Deck, Microsoft a pris une décision froide : arrêter de se battre sur le terrain des boîtes fermées, et déplacer tout l'écosystème Xbox dans Windows.
Le plan est public. Il s'appelle Project Helix, le nom de code officiel de la prochaine Xbox, confirmé par la direction de la marque. Et ce ne sera pas une console au sens classique : un PC à la base (puce AMD sur mesure, techno maison « FSR Diamond »), avec une interface plein écran façon console par-dessus. « La Xbox la plus ouverte de l'histoire » : on pourra y installer Steam, l'Epic Games Store, GOG, Battle.net, et basculer d'un clic sur un vrai bureau Windows.
Et surtout : ça ne se joue pas dans une hypothétique Windows 12. Ça commence maintenant, dans Windows 11. Dès avril 2026, Microsoft greffe le « Mode Xbox » directement dans Windows 11, sans rien à télécharger : interface plein écran façon console, intégration Xbox Live, accès au Game Pass, agrégation de tous vos stores. Autrement dit, Microsoft installe le Game Pass et l'expérience Xbox au cœur de l'OS le plus utilisé du monde, sur le milliard de PC déjà en circulation.
Le décor est planté. La suite logique se dessine déjà : une Windows 12 où l'on appuie sur le bouton Xbox de la manette, et l'écran du PC bascule instantanément en OS Xbox. Fini le doublon « un PC pour le bureau + une console sous la télé » : une seule machine, un seul écran, qui passe du tableur au canapé en un clic. La télé comme appareil dédié ? Elle est déjà en train de devenir has-been. Ce qui reste, c'est l'écran générique, et celui qui contrôle l'OS qui tourne dessus.

L'arme lourde de Microsoft, ce n'est pas son hardware, c'est le Game Pass. Et son but n'est pas de déloger Steam comme magasin, mais de le ramener au rang de couche parmi d'autres, sous une interface Xbox devenue omniprésente dans Windows. Car Xbox ne cherche pas à tuer Steam : Steam reste roi du PC, et le restera — vingt ans d'avance, vos potes, votre bibliothèque, les mods, les soldes. Epic l'a appris en cramant des milliards : il a livré bataille à l'étage du magasin, et il a perdu. Microsoft, lui, joue l'étage au-dessus, celui de l'OS. Et là, il est chez lui.
La mécanique est redoutable. Microsoft met ses propres jeux sur Steam, pas par bonté, mais comme produit d'appel vers l'abonnement. Et la mécanique est redoutable : un jeu que vous payez plein pot sur Steam, vous l'avez "gratuit" (compris) dans le Game Pass. Exemple tout frais : Halo: Campaign Evolved (28 juillet 2026) est vendu payant sur Steam… et inclus day-one dans le Game Pass. Voilà le levier.
Reste LA question à 900 milliards : le prix de la machine. Et une fuite vient de jeter de l'huile sur le feu.
D'après l'insider Moore's Law Is Dead, relayé par plusieurs médias, Project Helix viserait dans les 1 000 à 1 200 $ (grosso modo 950 à 1 400 € TTC), avec un scénario agressif autour de 999 $ et un plafond spéculatif à 1 500 $. À ce tarif, ce ne serait plus une console : ce serait un PC haut de gamme, dont la fuite évoque une valeur équivalente à une config gaming à 2 000 ou 3 000 $. Reveal attendu fin 2026, kits de développement en 2027, donc une sortie plutôt vers 2027-2028.
Mille balles une « console », ça pique. Et ça nourrit la confusion : sur Reddit, un joueur résume le malaise. Si Microsoft tue la console abordable, comment fait-il grandir un Game Pass dont la majorité des abonnés sont… des possesseurs de console ? La capacité financière n'est pourtant pas en cause : on parle de Microsoft, la boîte qui a vendu la première Xbox à perte pendant des années et sait cramer des milliards sans broncher. S'il voulait casser le prix, il le pourrait. Viser le premium est donc un choix assumé, pas une fatalité subie.
Mais voilà le retournement, et c'est tout l'enjeu : à 1 000 €, est-ce vraiment cher ? Pas pour qui voulait une machine qui fait tout. Soyons honnêtes d'abord : Helix ne fournit pas l'écran, c'est une boîte qu'on branche sur la télé qu'on possède déjà. Mais cette boîte remplace à elle seule deux autres : un PC de jeu (1 000 à 1 500 €) et une console (500 à 900 €), plus la box multimédia du salon. Additionnez ne serait-ce qu'un PC gamer et une console achetés séparément, et vous dépassez allègrement les 1 000 €, pour deux appareils, là où Helix n'en demande qu'un, capable de streamer Netflix, de faire tourner vos jeux Xbox et PC, et de servir de vrai bureau Windows. Le tout sans doute proposé en paiement étalé façon All Access (machine + Game Pass). Vu comme ça, ce n'est plus une console hors de prix : c'est un investissement logique pour qui voulait de toute façon un PC puissant et une console. Le vrai génie du positionnement est là : faire passer un PC de salon premium pour l'évidence économique.
Et le vrai comparatif achève le débat. Ne rêvez pas d'une PS6 bon marché : Sony lui-même admet n'avoir fixé ni prix ni date, mais avec une PS5 Pro déjà à 899 €, un coût de fabrication estimé autour de 760 $ et une crise de la RAM qui dure, la PS6 jouera dans la même cour tarifaire (lancement attendu vers 2027-2028). Sauf qu'elle, elle restera fermée, très probablement dématérialisée, avec ses jeux à 80 € et sa taxe du online (PS Plus). Reprenez le tableau plus haut : sur six ans, l'écosystème console revient à ~2 190 €, le PC à ~1 300 €. Autrement dit, même si la boîte PS6 sortait un peu moins chère que Helix, elle vous enferme et vous coûte plus cher sur la durée, quand la machine ouverte vous laisse tout faire et payer vos jeux trois fois moins. Voilà pourquoi 1 000 € pour un PC de salon ouvert n'a rien d'absurde : c'est en face que ça le devient.
Et la masse qui n'a pas 1 000 € à sortir ? Elle n'a pas besoin de Helix. Elle est déjà capturée par le logiciel : le Game Pass sur le PC qu'elle possède déjà, ou dans le cloud. La boîte premium (Helix) ratisse les passionnés ; le « Mode Xbox » dans Windows ratisse tous les autres. Voilà comment on ramasse la mise sans vendre une seule boîte fermée.
Mais soyons honnêtes jusqu'au bout : Microsoft passe son temps à se tirer dans le pied. Le Game Pass Ultimate est monté à 26,99 €/mois en octobre 2025 (+50 % d'un coup) avant de redescendre à 20,99 € sous la grogne. Call of Duty a été retiré du day-one (il n'arrive plus qu'environ un an après sa sortie). Black Ops 7 s'est vautré, critique et ventes. Et les ex-exclus maison (Halo, Gears, Forza, Fable) partent désormais sur PlayStation. Le génie de la stratégie est réel. L'exécution est un champ de mines. Les deux sont vrais en même temps, et c'est ce qui rend la partie passionnante à suivre.
On peut applaudir l'intelligence du plan Microsoft. On peut faire le calcul et basculer sur PC. Mais posons la vraie question, celle qui fâche dans une communauté comme la nôtre.
Quand la console fermée meurt, ce n'est pas qu'une boîte en plastique qui disparaît. C'est la propriété qui s'efface. Sony vend déjà la PS5 Pro pensée pour le 100 % dématérialisé ; le but assumé du full-demat, c'est de tuer l'occasion et de contrôler les prix de A à Z. Plus de revente, plus de boîte sur l'étagère, plus de jeu prêté à un pote.
Comme le résumait un membre ici même : sur ces machines, on n'est plus propriétaire d'un jeu, mais d'une licence, et le jour où le serveur ferme, le disque ne sert plus à rien. Une hérésie, pour qui aime le jeu vidéo comme un patrimoine.
Le Game Pass, la Steam Machine, le cloud, Project Helix : tout converge vers le même monde. Un monde où vous ne possédez plus rien. Où vous louez votre médiathèque. Où l'étagère qui racontait votre parcours de joueur est remplacée par une liste qui peut s'évaporer à la prochaine décision d'un éditeur.
C'est peut-être l'avenir. C'est sûrement plus pratique. Mais c'est aussi, frontalement, l'inverse de ce qui nous a réunis.
Dans cinq ans, vous ne demanderez plus à votre ado s'il veut la nouvelle Xbox ou la nouvelle PlayStation sous la télé. Vous lui achèterez un écran et un clavier. Et vous réaliserez que, sans avoir jamais acheté la moindre « Xbox », il passe 100 % de son temps de jeu, et de sa vie numérique, dans l'écosystème de Microsoft, sur une machine ouverte qui fait aussi bien tourner Cyberpunk que Netflix, le tableur que le canapé.
Mais soyons précis : la console de salon ne meurt pas, elle change de peau. Demain, la machine sous votre télé sera toujours là… sauf que ce sera un PC ouvert : un Helix, une Steam Machine, ou simplement un PC en « Mode Xbox ». Ce n'est pas le salon qui crève, c'est la vieille boîte fermée. Sony l'essore jusqu'au dernier centime sans l'avoir compris. Valve et Microsoft, eux, ont compris que l'avenir n'était pas une boîte verrouillée, mais un logiciel partout, y compris sous la télé.
On entend déjà l'objection : « moi je veux juste brancher ma console et jouer, sans bidouiller un PC ». Et c'est un argument valable — la simplicité plug-and-play a une vraie valeur. Sauf que c'est exactement ce que promettent Helix et le Mode Xbox : une interface console plein écran, des mises à jour automatiques façon console, zéro driver à gérer, zéro bidouille. Le confort du fermé, avec la liberté de l'ouvert. Si Microsoft tient cette promesse, le dernier avantage de la console classique disparaît. Et il ne reste que le prix — qui joue déjà contre elle.
Résumons la partie, froidement. Le prix des composants explose, et tout le monde le subit. Mais là où Sony subit et sort une console fermée à 900 balles en espérant que vous payiez sans broncher, Microsoft transforme la contrainte en opportunité : un seul outil qui fait tout, au même prix, plus le Game Pass greffé dans le Windows de tout le monde. Sur le papier, c'est le pari gagnant. Sur le papier seulement. Car la même boîte qui dessine la meilleure stratégie du marché est aussi celle qui a racheté Skype pour le laisser crever, raté le Windows Phone et enterré le Zune. Microsoft est génial pour imaginer le coup parfait, et catastrophique pour le finir. Tout va se jouer là.
La seule question qui reste, c'est celle qu'on doit se poser entre nous : est-ce qu'on assiste au progrès… ou est-ce qu'on est en train d'applaudir ceux qui nous retirent le droit de posséder ce à quoi on joue ?
Pas le salon, mais le modèle de la boîte fermée et bon marché. Une machine de salon puissante à moins de 500 € n'existe plus, et ce qui la remplace, c'est un PC ouvert (Project Helix, Steam Machine, ou un PC en Mode Xbox). La console ne meurt pas, elle change de peau.
Sony n'a fixé ni prix ni date (déclaration de Hiroki Totoki, mai 2026). Mais la PS5 Pro est déjà à 899 €, le coût de fabrication de la PS6 est estimé autour de 760 $, et la pénurie de RAM dure : un tarif dans la même cour (700 à 900 € et plus) est l'hypothèse réaliste, pour une sortie attendue vers 2027-2028.
Sur six ans, l'écosystème console revient à environ 2 190 € (machine, jeux à 70-80 €, abonnement en ligne) contre environ 1 300 € pour un PC qui profite des soldes Steam et du Game Pass. Le PC coûte plus cher à l'achat, mais bien moins à l'usage, et il fait tout le reste (web, streaming, bureautique).
Oui, mais pas par sa puissance (une PS5 l'écrase techniquement). Son apport, c'est le format et l'ouverture : il a prouvé qu'on pouvait jouer à toute une bibliothèque PC sans bidouille, et il a ouvert la voie aux PC de salon sous SteamOS comme la Steam Machine, attendue pour l'été 2026.
C'est le nom de code de la prochaine machine Xbox. D'après les fuites, ce serait moins une console qu'un PC de salon ouvert, capable d'installer Steam, Epic ou GOG, à un prix rumeur d'environ 1 000 à 1 200 $. À prendre au conditionnel : reveal attendu fin 2026, sortie plutôt en 2027-2028.
C'est le pari de Microsoft : plutôt que vendre des boîtes, greffer le Game Pass partout, jusque dans Windows 11 via le Mode Xbox (sorti en avril 2026). La contrepartie : vous ne possédez plus vos jeux, vous louez une bibliothèque accessible sur PC, console ou cloud.
La tendance est lourde : PS5 Digital, dématérialisation, Game Pass et cloud poussent tous dans le même sens. Le vrai risque, c'est de ne plus rien posséder, une bibliothèque louée qui peut s'évaporer à la décision d'un éditeur. Le support physique survit surtout chez les collectionneurs et, côté grand public, chez Nintendo.
Sources & chiffres vérifiés (juin 2026) :
A propos de l'auteur Admin
Laisser un commentaire
De mon côté, je regarde ça comme une partie d'échecs, sans affect personnel par rapport à ma préférence pour le physique.
Si je devais me mouiller, je choisirais l'option d'un machine hydride à 1000 € (pour ne pas dire un PC multi OS) qui fait double emploi avec clavier/souris/manette (boulot + web + accès streaming + console ouverte avec Steam et Xbox), plutôt qu'une PS6 full démat enfermée dans son écosystème à un prix qui sera de toute façon très élevé.
C'est d'ailleurs exactement la stratégie que Valve a validée avec le Steam Deck OLED : ils justifient ce tarif aussi en mettant officiellement en avant le fait que c'est aussi un vrai PC (sous Linux).
Microsoft a tout intérêt à appliquer la même recette à plus grande échelle avec Windows. Tout à fait d'accord avec toi, tant pis pour Sony s'ils s'entêtent sur l'ancien modèle.
Pour obtenir ce statut ajoute + de 10 jeux dans ta collection! En savoir plus
J'ai des tonnes de jeux physiques qui n'attendent que moi j'ai de quoi tenir jusqu'à mon trépas et franchement zéro regret. Si c'est la mort du JV qui s'annonce c'est que certains acteurs ont pensé pognon avant passion !
Ouais je suis ronchon parceque ça me fout les boules ! 😅👋
Pour obtenir ce statut ajoute + de 10 jeux dans ta collection! En savoir plus
En tout cas, quand on voit la tendance, je me dit que le rétro gaming a de beaux jours devant lui !
Merci pour l'article, c'est super intéressant en tout cas ! J'ai l'impression que Steam se positionne bien pour cet avenir du jeu vidéo : des consoles/PC tout en un ==> la prochaine guerre des consoles va peut être voir Sony être remplacé ?
Concernant Sony, c'est vrai qu'ils ont pris des risques. Ce que je retient c'est la gestion de la commercialisation de la PS5 qui a pas mal frustré la communauté pendna tun bout de temps, ils ont testé la fidélité des joueurs.
Si le combo PC/Steam et l'écosystème Xbox peuvent bousculer les lignes, ça va forcer tout le monde à se remettre en question.
Pour obtenir ce statut ajoute + de 10 jeux dans ta collection! En savoir plus
Je peux me tromper mais je vois mal Nintendo lacher ses franchises Mario, Pokemon, Zelda, … Et pour ces jeux il est clair que les parents continueront d’acheter des Nintendo pour leurs enfants.
En ce qui concerne Playstation et Xbox, ces mêmes joueurs n’auront pas de mal non plus à claquer les 1000€ dans une console. Juste à voir le prix des derniers Iphone, Samsung et autres portables qui à ce jour dépassent les 1500€ et pourtant il s’en vend à tour de bras.
Les habitués d’un produit restent souvent sur le même produit.
Par contre il est clair que l’on va de plus en plus vers le dématérialisé qui arrange bien cette industrie car le jeu une fois vendu ne peut être revendu, ce qui rend le secteur de l’occasion nul et oblige tous les joueurs à acheter le jeu neuf.
Sur le prix en revanche : « les gens claquent 1500 € dans un tél » n'est pas une donnée globale de la santé du marché. Ce serait comme dire que le marché de l'auto neuve en France va bien parce qu'il s'y vend plein de Tesla, alors que le marché français a globalement reculé en 2025 et 2026.
A mon avis c'est difficle de tirer une conclusion en se focalisant uniquement sur le groupe qui paie plein pot.
Je ne cotionne pas mais ca reste une réalité.
Je pense que le groupe qui paie plein pot reste malgré tout la plus grande part de marché et ces mêmes personnes se moquent bien d’acheter un jeu physique ou dématérialisé.
Les collectionneurs sont une minorité.
Quand auparavent tu achetais ta voiture, aujourd’hui tu la loues.
Tu paie mais la voiture ne t’appartient pas!
Pour obtenir ce statut ajoute + de 10 jeux dans ta collection! En savoir plus
Voici mon analyse qui va être longue car beaucoup de sous-domaines sont à prendre en compte (déso)
je vais essayer de le structurer au maximum
Je te mets ça via un lien vu qu'il fait plusieurs page, ça évitera de polluer le fil 😆
Merci pour ton retour, franchement c'est du lourd. Ultra détaillé, et tu apportes des angles que mon article n'avait même pas abordés (l'économie de l'attention, les coûts des AAA, la grande distribution française, la préservation…). Une vraie culture éco et historique du JV.
C'est vrai en commentaire cela ferait un sacré paquet , si tu es chaud, je te propose de la publier sur VoxGaming sous forme de nouvel article en réponse / complément. Ton point de vue serait mis bien en avant, et une fois publié, on pourra le commenter et en discuter avec la communauté : un vrai débat de fond plutôt qu'un message noyé.
Un seul point à revérifier avant : ta limite à 450 € pour les touristes au Japon, t'es sûr ? J'ai l'impression que la réforme de nov. 2026, c'est plutôt un remboursement de la détaxe à l'aéroport, le plafond d'neviron 450 € serait au retour dnas l'UE non? À confirmer.
Si tu es OK, on peut en discuter vite fait en MP !
En effet tu as raison, en fait le japon te permet d'avoir un plafond de détaxe de 3000 euros pour les consommable /par jour et magasin
Pour les 430 c'est du côté de la France, au retour tu as droit à max 430euros de produit non soumis à la TVA. Si la douane française à ton retour de l'avion te controle et voit que t'as + de 430e de produits importé il te mettent 20% de TVA sur le surplus (exemple t'as 1000euros, t'auras 570*0.2= donc 114euros de taxe à payer)
Pour obtenir ce statut ajoute + de 10 jeux dans ta collection! En savoir plus
Rien à redire à part l'annonce de la mention toute récente des jeux "Xbox Console Exclusive" (donc pas sur PC ?!) qui pourraient encore rechanger la donne....
Bon sinon, moi aussi Team Ciao les gars 😂 Ou Team j'ai encore plein de jeux à faire sur les générations précédentes 😎 500€ était vraiment mon max psychologique pour une console....
Xbox Console Exclusive ne veut pas dire "pas sur PC", c'est même l'inverse. Ça signifie exclusif côté consoles (donc pas sur PS5 ni Switch 2), mais le jeu sort quand même sur PC.
Gears of War: E-Day, par exemple, est annoncé console exclusive ET dispo sur Steam + Microsoft Store dès le 6 octobre, et day one dans le Game Pass. Le mot console est justement là pour signaler que le PC, lui, reste inclus.
Pour obtenir ce statut ajoute + de 10 jeux dans ta collection! En savoir plus
Je ne suis même pas team switch qui pour moi fait la même chose que les autres avec la cartouche qui ne contient pas l’entièreté du jeu ( pour la switch 2)
Je suis team j’en ai marre de devoir télécharger quoi que ce soit pour pouvoir jouer.
Et pas question non plus de mettre 1000€ pour jouer. Je veux bien être un pigeon mais il y a une limite que je ne franchirai pas.
Finalement, je suis content de collectionner les vieux jeux sur de vieilles consoles 😅
Vive les anciennes consoles : tu branches, tu allumes, et tu joues. Rien de plus.
Apres, je comprends que les jeux sont plus beaux, plus fluides et que tout ça demande plus de place sur les galettes. En revanche, je ne peux pas accepter que sous d’obscures considérations financieres, un jeu sorte prématurément, buggé voir non fini et qu’il faille télécharger une mise à jour quasiment aussi grosse que le jeu lui même.
Pour obtenir ce statut ajoute + de 10 jeux dans ta collection! En savoir plus
Pour moi jouer uniquement sur du demat ça n'a vraiment plus aucun sens, j'essaye de récupérer le plus de jeux physique possible tellement j'en ai à rattraper avant que tout les prix ne s'envollent.
Pour obtenir ce statut ajoute + de 10 jeux dans ta collection! En savoir plus
Le jeu video avec la prochaine génération va changé et je pense qu'il va commencer par un schéma vraiment full demat malheureusement. Et peut être même qu'on aura même plus besoin de télécharger les jeux car en vrai si tu as une bonne connexion on peut déjà le faire. Je pense vraiment que l'industrie va aller dans ce sens là. J'espère me tromper mais en vrai je me fais pas trop d'espoir un jour où l'autre les rayons jeux video et consoles vont disparaitre et laisser place a un gamepass direct sur le pc la tablette ou même façon Netflix directement sur la tv.
Voilà mon avis pour l'avenir et bien-sûr pas ce que j'aimerais comme beaucoup surtout sur ce site.
Pour obtenir ce statut ajoute + de 10 jeux dans ta collection! En savoir plus
J'arrive après la bataille mais j'aimerai partager quelques pensées (et faits aussi).
Tu as pris l'exemple de la PS5 Pro avec lecteur de disque au début de l'article mais neuf aujourd'hui une PS5 standard coute 650€ et je ne crois pas qu'un ordinateur propose des performances équivalentes à ce prix là. Je vais ajouter que, comme tu dis dans l'article la TV et le canapé on l'a forcément il reste à acheter la boite et hop je peux jouer. Un PC Gaming c'est une tour à plusieurs centaines d'euros, un écran (pareil si on veut profiter de la puissance de la tour), un clavier, une souris, peut être un siège et là ça chiffre aussi. Ensuite l'avantage éternel de la console, le plug and play. Je n'ai pas envie de mettre des pilotes à jour, d'apprendre à changer ma carte graphique ou de passer 45 min à régler des paramètres avant de jour.
Un point que personne n'a cité dans les commentaires et ça m'étonne un peu, l'occasion ! Une PS5 standard d'occasion c'est 400€ (sans boite hein) et avec une garanti légale de 2 ans. Si aujourd'hui ma console lâche je ferai ainsi. Un dernière point sur l'aspect économique, si le prix des consoles montent à cause des composants, il est improbable que le prix des ordinateurs (fixes ou portables) ne montent pas aussi que le gain soit nul. Par contre sur l'architecture ouverte là avantage clair du PC.
Enfin pour rebondir sur la fin de ton article, plutôt Playstation mais pas à 900€ haha. J'aime beaucoup les jeux solo (pas d'abonnement au PS plus ici par exemple, j'aime pas les jeux multi) et ça par contre je ne sais pas si l'avenir pourra me donner. Mais comme disent plusieurs camarades il y a une réserve de jeux qui attendent d'être fait donc ça devrait bien se passer.
Merci encore ! Je reposterai peut-être autre chose si d'autres idées me viennent.
Je vais aller chercher si on a une stat équivalente 2026.
Au plaisir de lire la suite si l'inspiration revient 👍
Pour obtenir ce statut ajoute + de 10 jeux dans ta collection! En savoir plus